L'écrivain Colette : sa vie, son oeuvre

 

 

BIOGRAPHIE DE COLETTE

 

 

 

1) Sa famille : Sidonie Gabrielle Colette naît le 28 janvier en 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne). Ses parents sont Sidonie Landoy, d’origine belge, née à Paris, et Jules Colette, dit « le Capitaine », né à Toulon, et que « Sido » a épousé en secondes noces, après un premier mariage malheureux. La petite Colette vit une enfance paisible dans la maison et le jardin de ses parents, avec ses frères (Achille, son demi-frère ? et Léo) et sa demi-sœur, Juliette. Elle se passionne pour Balzac. Sa mère Sido est extravagante et possessive. En 1891, très endettée, la famille doit déménager et s’installer à Châtillon-Coligny.

 

2) Ses débuts littéraires : Colette épouse Henry Gauthier-Villars, dit « Willy », en 1893. Elle fait ensuite une sorte de dépression, sans doute liée aux infidélités de son mari. Celui-ci est un auteur parisien en vogue. C’est lui qui la pousse à écrire des romans à succès inspirés de son enfance et de son adolescence. Ces ouvrages de jeunesse seront d’abord signés « Willy », puis « Colette Willy ». Ses premiers ouvrages (la série des Claudine) rencontrent un succès retentissant. En 1900, Willy achète la villa des Monts-Boucons, près de Besançon.

 

3) Ses scandales : En 1905, le « Capitaine » meurt. Colette prend des leçons de danse et de pantomime avec Georges Wague.  Elle rencontre la marquise de Morny, dite « Missy », avec qui elle aura une longue liaison amoureuse, entrecoupée d’autres liaisons, féminines et masculines. Après le scandale du Moulin-Rouge, lors de pantomimes où elle s’exhibe avec Missy et se dénude un peu trop pour l’époque, elle se sépare en 1906 d’avec Willy et poursuit jusqu’en 1912 sa double activité scénique et littéraire. En 1907, Willy vend sans la prévenir les droits de la série des Claudine. (Colette se vengera en écrivant Mes Apprentissages, en 1936.) En 1910, Missy offre à Colette une villa à Rozven, en Bretagne, que l’écrivain va garder sans beaucoup de scrupules. Elle et Missy se séparent en 1911.

 

4) Sa vie de baronne : En 1910, elle divorce d’avec Willy et commence une carrière de journaliste, d’abord au journal Le Matin. Elle y fait la connaissance de son second mari, le baron Henry de Jouvenel. Ils ont une fille, prénommée Colette, surnommée « Bel-Gazou » et élevée par une nourrice. Sido meurt en 1912 mais Colette refuse d’assister à son enterrement. Durant la guerre, Henry est mobilisé et Colette, qui souffre de la séparation, le rejoint sur le front en bravant les interdits. Une fois la paix revenue, la carrière politique et les infidélités de son mari sont un nouvel obstacle dans sa vie conjugale. De 1921 à 1924, elle noue une liaison passionnée avec Bertrand de Jouvenel, l’un des deux fils d’Henry.

 

5) La « grande » Colette : Les époux divorcent en 1925. C’est aussi l’année où elle rencontre son futur et dernier mari, Maurice Goudeket, qui lui fait découvrir la Provence et Saint-Tropez. En 1932, à court d’argent, Colette crée un institut de beauté, qui ferme dès 1934. Elle épouse Maurice Goudeket en 1935. Celui-ci jouera un grand rôle dans la promotion de son œuvre littéraire. Réciproquement, Colette usera de toutes ses ressources pour faire libérer son mari, emmené par les Allemands en 1941. Sa vie aura été jalonnée de très nombreux déménagements (sa dernière demeure est le Palais-Royal à Paris, à partir de 1938), de voyages et de conférences. Elles aura vécu de fortes amitiés : Marguerite Moreno, Annie de Pène, Germaine Beaumont, fille d’Annie, Hélène Picard, Francis Carco… Plusieurs de ses livres ont été adaptés au théâtre et au cinéma. Son existence s’achève sous le poids douloureux d’une paralysie due à son arthrite, dont elle souffre depuis 1938. Elle meurt, comblée d’honneurs, le 3 août 1954.

 

 

 

 

 

EDITIONS ORIGINALES

DE SES OEUVRES PRINCIPALES

 

 

- Œuvres de jeunesse (1900-1919) :

La série des Claudine : Claudine à l’école (Ollendorff, 1900) ; Claudine à Paris (Ollendorff, 1901) ; Claudine en ménage (Ollendorff, 1902), Claudine s’en va (Ollendorff, 1903), La Retraite sentimentale (Mercure de France, 1907).

Autres romans : L’Ingénue libertine (Ollendorff, 1909) ; La Vagabonde (Ollendorff, 1910) ; L’Entrave (Librairie des Lettres, 1913).

Récits animaliers : Douze dialogues de bêtes (Mercure de France, 1904) ; La Paix chez les bêtes (Georges Crès et Cie, 1916).

Nouvelle : Mitsou ou comment l’esprit vient aux filles (Fayard, 1919).

Recueils de textes divers : Les Vrilles de la vigne (Vie parisienne, 1908) ; L’Envers du music-hall (Flammarion, 1913).

Recueils d’articles : Les Heures longues (Fayard, 1917) ; Dans la foule (Georges Crès et Cie, 1918).

 

- Œuvres de la maturité (1920-1939) :

Romans : Chéri (Fayard, 1920) ; Le Blé en herbe (Flammarion, 1923) ; La Fin de Chéri (Flammarion, 1926) ; La Naissance du jour (Flammarion, 1928) ; La Seconde (Ferenczi, 1929) ; Le Pur et l’impur (Ferenczi, 1932 puis Armes de France, 1941) ; La Chatte (Grasset, 1933) ; Duo (Ferenczi, 1934) ; Le Toutounier (Ferenczi, 1939).

Récits autobiographiques : La Maison de Claudine (Ferenczi, 1922) ; Sido (Krâ, 1929).

Fantaisie lyrique : L’Enfant et les sortilèges (A. Durand et fils, 1925). 

Discours : Discours de réception à l’Académie royale belge de langue et de littérature françaises (Grasset, 1936).

Recueil de nouvelles : Bella-Vista (Ferenczi, 1937).

Recueils de textes divers : La Chambre éclairée (Edouard Joseph, 1920) ; Le Voyage égoïste (Edouard Pelletan, 1922) ; La Femme cachée (Flammarion, 1924) ; Aventures quotidiennes (Flammarion, 1924) ; Prisons et paradis (Ferenczi, 1932) ; Mes apprentissages (Ferenczi, 1936).

Recueils d’articles de critique dramatique : La Jumelle noire (Ferenczi, 1934, 1935, 1936 et 1938)

 

- Œuvres de vieillesse (1940-1949) :

Roman : Julie de Carneilhan (Fayard, 1941).

Recueils de nouvelles : Chambre d’hôtel (Fayard, 1940) ; Le Képi (Fayard, 1943) ; Gigi (Ferenczi, 1945) ; Florie (La Joie de vivre, 1946).

Réflexions et souvenirs : Journal à rebours (Fayard, 1941) ; Mes Cahiers (Armes de France, 1941) ; De ma fenêtre (Armes de France, 1942) ; Nudité (La Mappemonde, 1943) ; Trois… six… neuf… (Corrêa, 1944) ; Belles saisons (La Galerie Charpentier, 1945) ; L’Etoile Vesper (Le Milieu du Monde, Genève, 1946) ; Trait pour trait (Le Fleuron, 1949) ; Journal intermittent (Le Fleuron, 1949) ; En pays connu (Manuel Bruker, 1949) ; Pour un herbier (Mermod, Lausanne, 1949) ; Le Fanal bleu (Ferenczi, 1949).